Débuter en photo de paysage : 7 bases essentielles pour progresser

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Débuter en photo de paysage : 7 bases essentielles pour progresser

Quand on débute en photo de paysage, on a souvent la même sensation : on se retrouve devant une scène magnifique, on déclenche… et le résultat à l’écran ne ressemble pas vraiment à ce qu’on a ressenti sur le moment. L’appareil est là, la motivation aussi, mais il manque quelque chose pour traduire la beauté du paysage en image.

La bonne nouvelle, c’est que ce « quelque chose » n’est pas un boîtier dernier cri ni une collection d’objectifs hors de prix. Ce sont surtout des bases simples à comprendre : apprendre à lire la lumière, composer une image claire, choisir sa profondeur de champ, préparer un minimum ses sorties, utiliser correctement son matériel, sortir du mode automatique… et accepter que la progression se fait avec le temps, la patience et l’observation.

Dans cet article, je vous propose de parcourir 7 bases essentielles pour progresser en photo de paysage. Pas de jargon compliqué, pas de recettes magiques, mais des repères concrets et des exemples. L’objectif est que vous puissiez, dès votre prochaine sortie, faire des images qui se rapprochent un peu plus de ce que vous voyez et surtout de ce que vous ressentez.

Que vous photographiez près de chez vous, en montagne ou en plaine, ces bases resteront les mêmes. Prenez-les comme un fil conducteur : vous pourrez y revenir régulièrement, au fil de votre pratique, pour affiner votre regard, gagner en confiance et construire, pas à pas, votre propre manière de raconter les paysages.

Choisir la lumière et le bon moment

Avant de sortir l’appareil photo pour faire des photos, il est primordial de prendre le temps de savoir quelle est l’intention recherchée pour vos images. Quelle lumière ? Quelle météo ? À quelle heure ? Etc.

La lumière crée l’image. Selon votre intention, il faut un certain type de lumière pour créer votre image. Peut-être vous faudra-t-il une lumière directe sur le sujet, une lumière diffuse, ou encore une lumière chaude. La lumière aura un impact sur le contraste du paysage en faisant ressortir le relief ou en le rendant plat. C’est elle qui va façonner le paysage et lui donner vie. Avant de sortir faire de la photo, posez-vous la question suivante :

Quelle lumière va servir au mieux mon intention photographique ?

Pour répondre à cette question, vous devez savoir quels sont vos besoins par rapport à la lumière : quelle direction, quelle intensité, quelle qualité et quelle température.

J’ai déjà écrit un article sur le sujet et je vous invite à le lire pour aller plus loin : Maîtriser la lumière en photo de paysage => https://regardsdaltitude.com/maitriser-lumiere-photo-paysage/

Moments clés

Il y a des moments dans la journée qui sont plus propices à la photo de paysage. Chaque heure va donner une ambiance et un rendu différent à vos photos. Vous entendrez souvent parler de deux grands moments en photographie de paysage : l’heure dorée (Golden Hour) et l’heure bleue (Blue Hour).

L’heure dorée est le moment juste après le lever du soleil ou juste avant qu’il se couche. C’est là où les scènes sont chaleureuses et où les ombres s’allongent.

L’heure bleue est le moment avant le lever du soleil et après son coucher. C’est le moment où le ciel se teinte d’un bleu profond.

PhotoPills vous permettra de connaître l’horaire précis de la Golden et Blue Hour. Voir : Applications photo pour la montagne. https://regardsdaltitude.com/applications-photo-montagne/

Heureusement, ce n’est pas les seuls moments pour sortir faire de la photographie de paysage. Il y a plein d’opportunités tout au long de la journée. Cela va dépendre de vous et de ce que vous voulez montrer.

Pour aller plus loin, je vous renvoie vers le même article : Maîtriser la lumière en photo de paysage

Composer avec la météo

La météo en photo de paysage a un impact énorme sur le rendu final d’une image. Un ciel bleu ne raconte pas la même histoire qu’un ciel chargé de nuages, et des conditions difficiles peuvent donner une profondeur incroyable à vos photos. L’erreur serait de ne sortir que lorsque le temps est « beau ». En réalité, c’est souvent le contraire : pluie, vent, brouillard ou neige créent des ambiances fortes et immersives.

Une lumière douce sous un ciel couvert simplifie les contrastes et met en valeur les couleurs. Le brouillard apporte du mystère et isole les éléments. Le vent dynamise une scène. Une tempête de neige raconte la rudesse des éléments. Ces conditions ne sont pas des obstacles, mais des opportunités pour créer des images qui ont du caractère.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter :

Réflexe à prendre

Avant de déclencher, prenez vraiment le temps d’observer ce qui se passe autour de vous. Ressentez l’ambiance, la lumière, le mouvement des éléments et demandez-vous ce que vous souhaitez faire ressentir à travers votre image. Ce simple réflexe change tout : il vous permet de construire une composition plus forte et d’attendre le bon moment pour photographier.

Restez sur votre spot le temps nécessaire. En photo de paysage, la lumière évolue très vite : un rayon de soleil qui perce un nuage, un voile de brume qui arrive, une ombre qui s’allonge… Ces transitions se jouent parfois en quelques secondes. La patience fait donc partie du processus. Multiplier les lieux n’apporte souvent rien ; rester au même endroit, oui.

Peut-être que ce ne sera pas le bon jour, et que vous devrez revenir. Ce n’est pas un échec. La photographie de paysage repose sur l’observation, la patience et la persévérance. C’est en ralentissant que vous laisserez au paysage le temps de se transformer… et à vous, celui de capturer l’instant propice.

Pour aller plus loin : https://regardsdaltitude.com/preparer-sortie-photo-montagne/ (valable aussi pour la photo de paysage en général)

La composition

La composition en photo de paysage est essentielle. C’est elle qui structure l’image, équilibre les éléments et guide le regard du spectateur. Sans une bonne composition, même une lumière magnifique peut perdre de son impact. Elle est l’un des piliers qui transforme une simple scène en photographie forte et lisible.

Simplifier la scène

Une image trop chargée complique la lecture et peut perdre le spectateur. En simplifiant votre composition, vous mettez en valeur le sujet principal et facilitez la compréhension de l’image. Cela ne signifie pas qu’une scène dense est systématiquement mauvaise : parfois, la surcharge raconte justement l’intensité d’un lieu ou d’un moment. Mais il faut que ce soit intentionnel.

La règle des tiers et l’équilibre visuel

Vous entendrez souvent parler de la règle des tiers et pour cause : elle aide à obtenir un équilibre simple et efficace. L’idée est de diviser l’image en trois bandes horizontales et verticales, puis de placer les éléments importants sur ces lignes ou à leurs intersections.

Cependant, il ne s’agit pas d’une règle absolue. Dans certaines situations, centrer un horizon ou un sujet fonctionne mieux : un reflet parfait, une symétrie marquée, une ambiance minimaliste… Tout dépend de l’histoire que vous voulez raconter.

Un horizon droit

Un horizon incliné crée un déséquilibre et dérange la lecture. Essayez d’obtenir un horizon droit dès la prise de vue en utilisant le niveau virtuel de votre appareil photo. Sinon, vous pourrez toujours le corriger en post-traitement dans Lightroom, au prix d’un léger recadrage.

Utiliser les lignes directrices

Les lignes sont partout dans un paysage : chemins, rivières, crêtes, ombres, vagues, routes… Bien utilisées, elles guident naturellement le regard vers votre sujet. Elles peuvent mener l’œil dans l’image, créer de la profondeur ou dynamiser une scène.

Prêter attention aux détails qui perturbent

Certains détails ajoutent de la richesse à la composition, mais d’autres la parasitent : une poubelle, un panneau, un câble électrique, une branche qui déborde dans un coin… Le plus simple est de les éliminer dès la prise de vue en changeant légèrement de position ou d’angle.

Les outils de suppression assistés par l’IA permettent aujourd’hui d’enlever facilement ces éléments en post-traitement. Mais autant que possible, privilégiez la correction directement sur le terrain : cela assure une image plus naturelle et cohérente.

Pour aller plus loin dans la composition : https://regardsdaltitude.com/comment-maitriser-la-composition-au-dela-de-la-regle-des-tiers/

Maîtriser la profondeur de champ

Comprendre ce qu’est la profondeur de champ

La profondeur de champ en photo de paysage correspond à la zone de netteté visible dans l’image. Une faible profondeur de champ donne une petite zone nette ; une grande profondeur de champ permet d’obtenir une plus grande zone de netteté.

En photographie de paysage, on cherche souvent à obtenir une image nette sur l’ensemble de la scène pour révéler les détails. La profondeur de champ dépend de trois éléments : l’ouverture, la distance de mise au point et la longueur focale.

L’ouverture joue un rôle majeur. Une grande ouverture (par exemple f/1.4) crée une faible profondeur de champ, tandis qu’une petite ouverture (f/11) augmente la zone de netteté. Attention cependant à la diffraction : fermer trop l’objectif (comme f/22) peut réduire la netteté globale.

Jouer avec le flou

Avoir une image entièrement nette n’est pas une obligation. Le flou peut renforcer la lecture de l’image, diriger le regard ou créer une sensation de profondeur. En paysage, un avant-plan légèrement flou peut parfois apporter une ambiance plus poétique, ou mettre en valeur un sujet plus éloigné.

L’important est de choisir cette approche de manière intentionnelle : Qu’est-ce que le flou apporte à votre composition ?

Réglages simples en paysage

En photographie de paysage, je photographie la majorité du temps avec le mode de priorité à l’ouverture. Cela me permet de gérer ma profondeur de champ. J’ai aussi tendance à laisser les ISO en automatique afin d’avoir une vitesse utilisable à main levé pour éviter le flou de bouger. Par contre, si je photographie sur un trépied, je fixe mes ISO au minimum si la vitesse n’a pas d’incidence sur le rendu de mon image afin de garder une meilleure qualité possible et éviter d’avoir du bruit numérique.

Ensuite, je travaille beaucoup avec la correction d’exposition si mon image est trop lumineuse ou trop sombre.

Voici un exemple de réglage que j’utilise en pleine journée à main levé :

Mode : Priorité à l’ouverture
Ouverture : f/8 à f/11
ISO : Automatique
Vitesse : Automatique
Correction d’exposition : Selon la scène

Dans les réglages de mon appareil photo, j’ai défini une plage pour les ISO afin qu’ils ne dépassent pas 6400 ISO. Si je dois la dépasser, je le fais manuellement.

Si les conditions de lumière sont complexes ou si j’ai des besoins spécifiques (photo de nuit, pose longue, scène très sombre…), je passe en mode manuel pour ajuster chaque paramètre en fonction du rendu souhaité.

Exemples d’images avec les EXIF :

Astuces pour vérifier la netteté sur le terrain

Pour vous assurer que votre image est nette, le plus simple est de zoomer dans la photo directement depuis l’écran de votre appareil. C’est un geste rapide qui vous évite de mauvaises surprises au moment du tri.

Préparer sa sortie pour se libérer l’esprit sur place

J’ai déjà écrit un article complet sur la préparation d’une sortie photo en montagne, qui s’applique aussi très bien à n’importe quel paysage. Je vous invite à le consulter pour aller plus loin, car ici, je vais résumer les points essentiels.

Préparer une sortie à l’avance permet d’anticiper ce que vous souhaitez photographier à un endroit précis. Vous arrivez ainsi sur le terrain avec des idées en tête, ce qui libère de la place dans votre esprit pour vous concentrer sur votre créativité et votre composition plutôt que sur la logistique.

Anticiper le lieu, la lumière et la météo

Avant de choisir un lieu, demandez-vous quelle image vous souhaitez créer. En définissant votre intention, vous pouvez cibler plus facilement les endroits qui correspondent à votre vision.

Par exemple : si vous voulez absolument photographier un lac de montagne avec des reflets, vous allez naturellement orienter vos recherches vers des lacs offrant une surface calme et un cadre intéressant.

Une fois le lieu identifié, pensez à la lumière que vous recherchez : lever de soleil, coucher, lumière douce, voie lactée… L’horaire détermine le type d’ambiance que vous obtiendrez. Pour cela, je vous renvoie vers l’article sur les applications indispensables. [LIEN]

Ensuite vient la météo. Pour un reflet parfait, il faut un lac sans vent. Pour une voie lactée, aucun nuage. Pour des ambiances plus dramatiques, un ciel chargé ou un brouillard léger peut être idéal. Suivre l’évolution de la météo et les prévisions permet donc de choisir le bon moment pour s’y rendre.

Vérifier son matériel avant de partir

Avant de vous rendre sur le terrain, préparez votre matériel. L’idéal est de tout faire la veille si vous partez tôt. Une check-list vous aidera à ne rien oublier, adaptée au type de sortie (pose longue, randonnée-bivouac, photo de nuit, etc.).

Les points importants à vérifier :

  • Propreté du matériel, des lentilles et des filtres
  • Batteries chargées
  • Carte mémoire dans l’appareil + cartes supplémentaires formatées
  • Kit de nettoyage
  • Trépied si besoin
  • Télécommande si besoin
  • Téléphone chargé

Vous trouverez une liste plus détaillée (incluant également le matériel non photo) ici : https://regardsdaltitude.com/preparer-sortie-photo-montagne/

Laisser de la place à l’imprévu

Même avec une préparation solide, tout ne se déroulera pas toujours comme prévu. Une lumière inattendue, un chemin différent, un changement de météo… restez ouvert. L’imprévu fait partie de la photographie.

Gardez en tête que votre objectif n’est pas seulement de cocher un plan établi, mais d’être à l’écoute du paysage. Parfois, une image à laquelle vous n’aviez pas pensé devient la meilleure de la sortie.

Arrêter de croire qu’il faut du matériel pro pour progresser

Les marques sortent régulièrement de nouveaux boîtiers pour nous donner envie de passer au modèle suivant : plus de mégapixels, un autofocus ultra performant, des fonctions vidéo avancées… Mais en photo de paysage, ces nouveautés sont rarement indispensables.

Un autofocus ultra rapide est essentiel en photo de sport ou d’animalier, mais beaucoup moins en paysage, où vous avez le temps de faire la mise au point. De même, un capteur avec beaucoup de mégapixels n’est vraiment utile que si vous souhaitez réaliser de très grands tirages. Ces fichiers plus lourds demandent aussi davantage de puissance en post-traitement et plus d’espace de stockage.

En réalité, votre matériel photo actuel suffit largement pour débuter en photo de paysage. Quand vous en atteindrez les limites, vous le saurez naturellement. Pas besoin de vous précipiter sur le dernier modèle haut de gamme si vous n’en avez pas l’utilité.

Investir dans ce qui fait vraiment progresser

Plutôt que de changer de boîtier régulièrement, investissez dans ce qui fait réellement la différence :

  • Des optiques de qualité
  • De la formation
  • Des ateliers
  • Des sorties terrain
  • De la pratique régulière

C’est votre regard, votre sens de la composition et votre capacité à utiliser la lumière qui feront évoluer vos images. Le matériel n’est qu’un outil.

Posez-vous donc la question essentielle avant un achat : De quoi ai-je vraiment besoin pour progresser ? Ce matériel va-t-il réellement m’apporter quelque chose en plus ?

Chaque type de photo aura ses besoins. Un photographe de mode n’aura pas le même besoin en matériel qu’un photographe de mariage. En animalier, le besoin n’est pas le même qu’en paysage.

La progression se fait d’abord sur vous. Travailler votre regard, votre composition, apprendre à post-traiter. Et pratiquez, pratiquez et encore pratiquez. Il faut aussi prendre du recul sur ses images en les analysant.

  • Qu’est-ce que vous aimez et aimez moins ?
  • Qu’est-ce qui fonctionne ?
  • Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?
  • Est-ce que des éléments perturbent la lecture de l’image ?
  • Est-ce que la composition n’aurait pas pu être différente ?

Analysez aussi les images d’autres photographes pour savoir qu’est-ce qui vous plait dans leurs photos.

Quand le trépied devient indispensable en photo de paysage

J’ai écrit un article entier dédié au trépied, mais voici l’essentiel.
Le trépied photo en paysage devient un allié précieux dans plusieurs situations :

  • Lorsque la vitesse est trop lente pour photographier à main levée
  • Pour les poses longues
  • Pour stabiliser la scène lors de conditions lumineuses faibles
  • Pour composer plus sereinement et affiner votre cadrage
  • Pour garder la même ligne d’horizon sur une série d’images

En vous obligeant à ralentir, le trépied vous aide à réfléchir davantage à la composition et à la lumière.

Pour aller plus loin : Quand sortir le trépied pour réussir vos photos de paysage ?

Comprendre les modes de prise de vue en photo de paysage

Je vous déconseille d’utiliser le mode automatique de votre appareil photo. Il ne vous permettra pas d’obtenir les réglages adaptés à votre intention, car il choisira lui-même la vitesse, l’ouverture et les ISO. Par exemple, il pourrait sélectionner une grande ouverture pour réduire les ISO et garder une vitesse rapide, ce qui limiterait votre profondeur de champ. Résultat : votre image risque de manquer de netteté dans certaines zones importantes.

Pour progresser et avoir plus de maîtrise, il vaut mieux utiliser les modes de prise de vue en photo de paysage qui vous donnent un réel contrôle sur l’exposition.

La priorité ouverture (A/Av)

C’est le mode que j’utilise le plus souvent. La priorité ouverture vous permet de choisir l’ouverture et les ISO, tandis que l’appareil se charge de sélectionner la vitesse pour exposer correctement la scène.

Vous l’utiliserez pour :

  • Contrôler la profondeur de champ
  • Apporter plus de lumière en ouvrant le diaphragme
  • Obtenir une netteté optimale en paysage (souvent entre f/8 et f/11)

C’est un mode simple, efficace, et idéal pour débuter.

La priorité vitesse (S/Tv)

Le principe est le même que pour la priorité ouverture, sauf qu’ici vous choisissez la vitesse et les ISO, et l’appareil détermine l’ouverture nécessaire.

Vous l’utiliserez pour :

  • Figer un mouvement (vitesse rapide)
  • Créer un effet de filé (vitesse lente)
  • Contrôler précisément la manière dont un mouvement apparaît dans l’image

Personnellement, j’utilise ce mode surtout pour figer un sujet. Pour les filés ou les poses longues, je préfère passer en mode manuel.

Le mode manuel (M)

On entend souvent qu’il faut absolument utiliser le mode manuel pour faire de « vraies » photos. C’est faux.

Le mode manuel est utile lorsque :

  • Vous voulez un résultat très précis
  • Les conditions lumineuses sont difficiles
  • Vous travaillez au flash
  • Vous réalisez une pose longue

Dans ce mode, vous devez régler vous-même l’ouverture, la vitesse et les ISO. C’est plus technique, mais lorsque vous comprenez comment ces paramètres interagissent, vous pouvez obtenir exactement le rendu souhaité.

Le mode Bulb (B)

Le mode Bulb est indispensable pour les poses longues de plus de 30 secondes, car les modes manuels classiques ne permettent généralement pas de dépasser cette durée.

Ce mode est surtout utilisé pour :

  • La photo de nuit
  • Les filés d’étoiles
  • Les scènes à très faible luminosité
  • Certains effets créatifs

Il demande un peu d’essais pour trouver la bonne exposition, mais il ouvre la porte à des images très créatives.

Progresser en photo de paysage demande du temps

Le dernier conseil que j’aimerais vous donner, c’est qu’il faut accepter que progresser en photo de paysage demande du temps, de la pratique et beaucoup de patience. La photographie est un apprentissage long, similaire à un sport ou à un instrument de musique : on ne devient pas virtuose en trois mois. On évolue année après année, image après image.

Cela ne vous empêche pas de vous faire plaisir dès maintenant et d’apprécier vos photos. L’important est de rester curieux, d’expérimenter et d’observer.

Développer son regard au quotidien

Vous pouvez développer votre œil sans même avoir votre appareil avec vous. Prenez le temps d’observer les choses autour de vous : la lumière, les couleurs, les lignes, les détails, les scènes de vie…

Posez-vous des questions simples :

  • Comment aurais-je cadré cette scène ?
  • Quel sujet pourrait en émerger ?
  • Comment la lumière façonne-t-elle ce que je vois ?

Votre téléphone peut devenir un excellent outil pour faire des essais rapides de composition. Ces petits exercices entraînent votre créativité et affinent votre regard.

Regardez aussi des expositions de photo ou de peinture. Et ne vous limitez pas à votre domaine : la photo de rue, l’architecture ou le portrait peuvent nourrir votre pratique du paysage.

Analyser ses images pour progresser

Un exercice très utile consiste à faire un bilan annuel de votre année photo. Sélectionnez vos meilleures images et analysez-les. Une vingtaine suffit.

Demandez-vous :

  • Qu’est-ce que j’aime dans cette image ?
  • Qu’est-ce qui fonctionne ?
  • Qu’est-ce qui fonctionne moins ?
  • Est-ce que des éléments perturbent la lecture ?
  • La composition aurait-elle pu être différente ?

Cet exercice vous oblige à mettre des mots sur vos choix et sur ce que vous aimez réellement. C’est une étape essentielle pour progresser avec intention.

Conclusion

Au fil de cet article, vous avez découvert que débuter en photo de paysage ne repose pas sur des techniques compliquées, mais sur quelques bases simples : apprendre à regarder la lumière, simplifier sa composition, maîtriser la profondeur de champ, préparer ses sorties, utiliser correctement son matériel, quitter doucement le mode automatique… et accepter que tout cela demande du temps.

Ces notions peuvent sembler nombreuses au début, mais il n’est pas nécessaire de tout appliquer d’un coup. Le plus important est de choisir une seule base et de l’emporter avec vous lors de votre prochaine sortie. Un jour, vous vous concentrez sur la lumière. Un autre, sur l’horizon et les lignes. Une autre fois, sur votre manière de préparer la sortie ou de formuler une intention avant de déclencher. Petit à petit, ces réflexes deviendront naturels.

En résumé : les bases essentielles

  • Observer et comprendre la lumière
  • Simplifier votre composition
  • Maîtriser la profondeur de champ
  • Anticiper votre sortie photo
  • Utiliser votre matériel avec intention
  • Choisir le bon mode de prise de vue
  • Cultiver la patience et analyser vos images

Souvenez-vous également que votre appareil n’est qu’un outil. Ce qui fait réellement la différence, c’est votre regard et la manière dont vous interprétez ce que vous avez en face de vous. Autorisez-vous à rater, à tester, à recommencer. Une photo « ratée » n’est pas un échec : c’est une information précieuse pour la suivante.

Alors pourquoi ne pas planifier dès maintenant votre prochaine sortie ? Choisissez un lieu simple, près de chez vous. Décidez d’un seul point sur lequel vous concentrer (la lumière, la composition ou la préparation) et voyez ce qui se passe. À votre retour, prenez quelques minutes pour regarder vos images et noter ce que vous avez appris.

La progression en photo de paysage ne se fait pas en un déclic, mais en une multitude de petits pas. L’essentiel n’est pas d’atteindre un niveau parfait, mais de continuer à pratiquer, à regarder… et de laisser vos images raconter peu à peu votre propre manière de voir le monde.

Un grand merci d’avoir pris le temps de me lire jusqu’au bout ! N’hésitez pas à partager et à transmettre cet article à d’autres passionnés !

Ludovic Angiolini

Je suis passionné par la montagne et la photo. Avec Regards d’Altitude, j’ai envie de transmettre cette passion. Mais pas uniquement à travers des réglages et des tutoriels techniques. Ce blog est aussi une invitation à ralentir, à ressentir, à s’interroger : Pourquoi je photographie ? Qu’est-ce que je cherche à dire ? À vivre ?

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